Textes Nouvelles Chansons
1
LE VENT
- Bastien ?
- C’est toi ? Je commence dans cinq minutes… Qu’est-ce que tu me veux ?
- Bastien… Il faut qu’on se parle… sérieusement.
- On s’était tout dit, non ? Et c’est maintenant que tu…
- Bastien… Voilà. J’ai rencontré quelqu’un avec qui je me sens bien. Et nous avons décidé de construire ensemble. Je…
…
- Tout va bien, M’sieu Leroy ?
- Tout va bien, Marco, oui. Àce que je vois, vous avez fait du bon boulot !
- Merci, M’sieu Leroy ! Et ce coup de fil ? Pas grave, j’espère !
- Non. Ce… C’était ma femme… Elle voulait… Elle voulait me souhaiter bonne chance…
- Ah bon ! J’aime mieux ça !
- En forme, M’sieu Leroy ?
- Ça va, Karim ! Je tiens la forme ! Je crois que je n’ai jamais été autant en forme !
...
Pourtant, je t’aimais. Je te l’ai dit sans te le dire, des milliers de fois, et tu le sais bien.. Mais je te l’ai dit.
Tu te souviens, ce jour de grand vent ? Notre première rencontre. Tu m’as fait l’effet d’une petite hirondelle apeurée, les ailes battues, dans cette allée du Bois. Tu tentais de redresser ton parapluie, baleines retournées. J’ai couru vers toi. Je t’ai pris le parapluie des mains, et j’ai réussi à le replier. Ton joli petit visage ravagé de larmes de pluie s’est levé vers moi. Et tu m’as souri.
Nous avons fui la bourrasque, et nous nous sommes réfugiés dans un petit bistrot à la façade mauve, tout en haut de l’avenue.
Le patron parlait, rigolard, des fesses de la patronne, tu te souviens ? Et la patronne gloussait, et ses gros seins tressautaient sur le marbre du comptoir, et le seul client de ce rade, un Pierrot ou Jeannot riait d’un rire muet, découvrant des chicots brunâtres tout en sirotant son calva.
En fond sonore, on entendait ‘’Le petit bal perdu’’…
2
Tu m’as dit ‘’Merci pour le parapluie’’
J’ai tendu la main vers toi, et mes doigts ont effleuré ta joue.
Tu as souri. Tu as dit ‘’Vous allez vite en besogne, vous !’’ ou quelque chose comme ça, et le patron a chanté, très fort, sur la voix de Bourvil..’’ Non, je ne me souviens plus/Du nom du bal perdu…’’ Et la patronne a fredonné avec lui. Faux.
Et tu as ri.
C’est à ce moment-là, à ce moment très précis que tu as pris ma main.
- Qu’est-ce qu’il chantait bien, ce Bourvil !
- Paraît même qu’il était gentil !
- Ça se sent dans sa voix, je trouve, ça se sent…
…
Je me suis penché vers toi, et je t’ai embrassée.
…
- Ça va être à vous, M’sieu Leroy ! Prêt ?
- Prêt !
…
En fait, je ne sais pas si nous avons passé la nuit ensemble ce soir-là.
Je crois que non, mais je peux me tromper.
Tout ce que je sais, c’est que je suis tombé amoureux de toi, et que toi, tu es tombée amoureuse de moi, enfin, c’est ce que tu m’as dit, et je t’ai crue.
Nous avons quitté le bistrot, main dans la main, et, dans notre dos, la patronne a lancé :’’Qu’est-ce qu’ils sont mignons, ces deux-là !’’
Et Bourvil a terminé sa chanson.
…
- Ça devrait bien se passer, M’sieu Leroy ! Tout est O.K. ! Ils vous attendent !
- O.K. !
Tu te souviens quand tout s'est dégradé entre nous ? Tu te souviens ?
Un soir, peut-être, en rentrant d'un vernissage, j'avais un peu bu, j'avais trouvé les toiles de l'artiste infectes, moches, à la limite de l'imposture.
Et toi, tu avais adoré.. Alors, dans la voiture, le ton était monté.
Ou un autre soir... Tu avais invité sans me prévenir un de tes amis d'enfance qui s'était tranquillement incrusté tout un week-end. Je n'avais rien à dire à ce type, et j'avais passé trois jours terribles à me retenir, à rager...
Au retour, --nous l'avions raccompagné à la gare--, tu m'avais incendié de reproches, je m'étais mal comporté, criais-tu, j'étais jaloux, j'avais fait la gueule tout le week-end...
…
3
Ou d'autres bagarres oubliées...
D'autres chicanes...
…
Un soir, tu étais rentrée vers une heure du matin. Tu avais oublié ton portable à la maison, et je ne savais pas où tu étais, avec qui tu étais.. J'étais fou furieux. Quand, enfin, tu es rentrée, toute fraîche, épanouie, souriante, tu n'as pas vu venir l'averse...
...
J’avais décidé d’oublier les tempêtes, les tourmentes, tous les mots acides jetés comme feuilles mortes tourbillonnantes à ta face, à la mienne.
...
Et notre beau vertige ??
Au début.
Notre délicieux vertige…
Dans tes beaux draps de lilas frais. Ton corps offert, et nos galopades éperdues dans nos vastes prairies d’amoureux…
Chambre bleue.
Pas un souffle au-dehors.
Juste nos respirations haletantes, et le bruit joyeux et clair de nos baisers d’amants tout neufs.
- Bastien… Je ne te quitterai jamais !
- Tu l’écrirais avec ton sang, cette phrase ?
- Avec mon sang ! Ça, je te le jure !
…
Tu n’aurais pas dû jurer.
Le vent mauvais s’est levé un matin de mars. Il nous a surpris dans le lit, t’a saisie à la gorge, ta belle gorge nue.
Tu venais de découvrir une lettre d’Hélène que j’avais oublié de déchirer.
- Elle dit qu’elle t’admire ! Mais c’est toi qu’elle admire, ou c’est l’artiste ?
- L’artiste, voyons ! L’artiste !
…
Et tu avais crié.
Je m’en souviens très bien. Tu avais crié.
Et le vent s’était levé sans prévenir.
Ce vent mauvais.
4
Je n’ai pas su tarir la source de ces flots cruels qui jaillissaient de ta bouche-cerise.
Je ne pouvais pas me justifier. Je ne savais pas.
Hélène, c’était loin, très loin dans ma mémoire, et il avait fallu que tu découvres cette lettre d’amour désespérée qu’elle m’avait écrite un soir de rage.
…
Ce n’était pas toi qui parlais ce jour-là, pas celle que j’aimais, non. Ta voix était rude, sèche, blessante, irritante.
Et je me suis levé, en colère, gesticulant, charriant moi aussi des mots de désordre et de révolte.
Tu m’avais touché au plus cher, au plus secret, et je m’en voulais aussi de ne pas avoir détruit cette malheureuse lettre.
La seule que j’avais gardée d’Hélène.
Et le vent mauvais avait fait son œuvre…
…
- Bon vent, M’sieu Leroy !
- Merci, Marco !
…
J’avance.
Je ne tremble pas. Je sais qu’ils me regardent. Ils sont venus pour me voir.
Je le sais.
…
- C’est toi qui l’as quittée, ou c’est elle ?
- Peu importe, c’est le passé. C’est passé. Fini.
- Mais réponds ! Réponds ! C’est elle ou c’est toi ???
J’avais hurlé :
- C’est moi ! C’est moi ! Voilà ! C’est moi !! Tu es contente ??? C’est moi !! Voilà !
…
Un lourd silence avait suivi.
Et le vent…
…
5
- Pourquoi ? Pourquoi tu l’as quittée ? Pourquoi ?
J’avais de nouveau enfourché ma colère :
- Mais ça me regarde, ça !!! Et c’est de l’histoire ancienne !! De l’histoire ancienne ! Tu comprends ?
- Alors, pourquoi tu avais gardé cette lettre ?
…
La pluie.
Cinglante.
La nuit béante sous mes pas.
Je me réveille en sursaut, en sueur.
Tu dors près de moi.
J’avale une pilule, et je me rendors.
Mais j’avance.
Un pas devant l’autre, tranquille.
Cinglante. Sur mon visage. Mon torse. Mes jambes.
Je me dis que je devrais pas.
Que je n’aurais pas dû.
...
- Est-ce que je te pose des questions sur tes ex, tes anciens amants ? Est-ce que je l’ai fait ??
…
Le lendemain de notre rencontre, nous nous étions donné rendez-vous dans le petit bistrot mauve.
Et Bourvil chantait toujours ‘’Le petit bal perdu’’, et la patronne…
…
Tu étais si belle.
Nous nous ébrouions comme jeunes chiens fous dans ce café désert, et Jeannot gagattait, à moins que ce fût Pierrot…
…
Karim et Marco ont assuré, ce soir. Ils ont bossé deux bonnes journées à tout installer, et me voilà seul, en face des gens. Je les vois. Je les devine. Je les sens.
Je suis prêt.
Je n’ai jamais été aussi affuté. Perdu ces foutus kilos de trop. Et ça se voit. Je me sens plus svelte, plus léger.
Je crois qu’ils apprécient.
…
6
Dans ma tête, le vent.
Combien de jours à nous aimer, sereins ? Combien de semaines, de mois ?
Sans cette brusque bise qui nous guettait, nous épiait dans l’ombre. Elle respirait à peine, tapie dans les feuillages, et nous nous ébattions, toi et moi, innocents, insouciants, bohèmes..
Comme je t’aimais…
Dans ma tête. Tourmente. Les tornades fusent, me heurtent, me bousculent, me démembrent, et je ne suis qu’un misérable pantin dans les griffes du vent.
…
- Il a toujours été très bon, Bastien Leroy !
- Mais ce soir, je le trouve tout pâle !!! Traqueur, on dirait…
- Il s’en est toujours sorti !
- J’ai lu qu’entre sa femme et lui, y aurait de l’eau dans le gaz, paraît..
- Quelqu’un m’a dit qu’ils s’étaient rencontrés un jour de pluie…
- Et de grand vent…
- Ça, le vent…
…
Je ne sais pas qui a commencé.
Dans nos disputes. Nos délires.
Je veux dire, qui a fait le premier pas, qui a lancé le premier mot griffé ? Qui ? Toi ? Moi ? Les deux en même temps ?
Sans s’inviter, la bise violente a surgi, et embrouillé nos mots d’amour, nos phrases douces pour en faire des catapultes d’aigreur et de tourments.
Tu criais. Je criais. J’exposais. Tu niais. Haussais les épaules. Explosais. Ricanements confus. Flèches acérées. Fenêtres murées.
…
Et notre petit bistrot mauve ? Et la chanson de Bourvil ?
Certains soirs, apaisés, nous sombrions l’un dans l’autre, tout vidés, exténués.
Dans ces moments-là, je tenais le monde. Toi dans mes bras. Tout contre moi. Je tenais le monde. Et, comme le vent léger défrise le sable doux sur la plage, j’oubliais nos querelles et nos gestes rageurs.
Tu me disais ‘’Tu sais, ce jour de tempête dans cette allée du Bois, quand mon petit parapluie s’est retourné, tu n’aurais pas dû voler à mon secours. Tu ne m’aurais pas entraînée dans ce petit bistrot mauve, et jamais je n’aurais pris ta main. Jamais tu ne m’aurais embrassée…
…
7
…
- Mais, les beaux jours de notre bonheur, qu’en fais-tu ? Et nos baisers goulus, et cet immense amour-tendresse, qu’en fais-tu ?
- Et ton Hélène ?? Où est-elle ? Emportée par quelle bourrasque ?
…
Le temps mauvais.
De gros nuages lourds gonflés de grêle.
Ne pas reculer surtout.
Pas un regard en arrière.
Rester digne et droit.
Un éclair. Le tonnerre. On dirait que l’accessoiriste agite une plaque métallique et souple, dans les coulisses, pendant que son copain met le jus sur les bleus lasers.
Il ne faudrait pas que je trébuche.
Notre amour est en morceaux.
Oiseau disloqué sur la paroi venteuse. Il respire encore. Si seulement je pouvais l’atteindre…
Si seulement…
Mais le vent…
…
Me concentrer. Je dois me concentrer. Ne plus penser à elle, tout au moins pendant le spectacle. Faire comme si elle n’avait jamais prononcé ces mots terribles ‘’Bastien, voilà. J’ai rencontré quelqu’un…’’
…
Les gorges dévastées de mon désespoir.
Le vide infini.
Un aigle rauque. Hauwk !!!
8
Ne pas tomber.
Je me dis, c’est ma faute. Je n’aurais jamais dû entrer dans ton sale petit jeu de petite fille capricieuse. Je n’aurais pas dû laisser apparaître mes aspérités. J’aurais été tout lisse. Tu n’aurais pas pu t’accrocher à moi, et tu serais tombée.
Dans le vide.
Je serais resté imperturbable, impénétrable, massif.
Et le vent de ta colère se serait brisé, éparpillé sur mon beau silence serein.
Voilà. C’est ça. J’ai toujours eu l’esprit d’escalier, moi, mais j’aurais dû faire ça, me taire, ou sourire, ou soupirer très doucement, mais surtout ne pas donner prise à ton verbe-tempête. Je n’aurais pas prononcé une seule phrase de mauvaise foi à ton encontre, je n’aurais pas farfouillé dans tes affaires, ni épluché la messagerie de ton portable, je n’aurais pas été jaloux, pas une seule fois, et tu n’aurais rien pu me reprocher, et nous nous serions regardés enfin, calmement, bellement, comme à l’aube d’un matin d’été, sans brise aucune.
Qu’en penses-tu ?
…
J’aurais dû.
Et nous en aurions fait des manèges, des carrousels, des pousse-pousse de folie, volant, virevoltant sur les galets, ou au bord de la falaise sans crainte du vertige.
Sans crainte.
Le soir venu, aux chandelles, ou sous de bourdonnants néons, nous aurions solennellement échangé nos mots-promesses, nos frissons.
Tu m’aurais dit ‘’Tu vois, ce fameux jour de notre rencontre, heureusement que le vent malin est venu retourner mon petit parapluie. Sans cela, aurais-tu volé à mon secours ?’’
Et je t’aurais répondu ‘’Tu sais, ce fameux jour, je m’étais éveillé maussade, j'avais frotté mon menton mal rasé au tissu rêche du matin. Je devais aller aux répétitions, et je me sentais mal et vide, la cervelle tout effilochée de mauvais rêves. Alors, je me suis dit, je vais aller au Bois, et le grand vent balaiera de mon crâne toutes ces pensées confuses et mornes.
Et je t’ai aperçue, là-bas, tout au bout de l’allée, toute perdue menue, luttant contre le vent… Et tu connais la suite…’’
9
Tu m’aurais dit, étonnée ‘’Tu ne vas tout de même pas me dire que tu pressentais l’amour, le coup de foudre, l’élan fou, alors que je n’étais que pauvre guenille trempée me débattant dans la tourmente.''
…
Il fait froid. J’ai pourtant l’habitude, mais j’ai froid.
Je donne. Je leur donne tout ce que je sais faire, et ils me renvoient leur ravissement, leur ferveur.
Je frémis.
Mais j’avance. Je ne peux pas chasser ton image de mon esprit.
Je fouette comme mouche les mauvais moments, les soirs transis de silences obstinés, bras croisés, têtus, entêtés, bornés comme des bourricots au détour d’un chemin pierreux.
Ces images pèsent sur mes épaules, rendent ma démarche incertaine, je frôle le déséquilibre, la chute.
Mais je me reprends.
Des ciels bleus. Des goélands. Des plages calmes. Ta main dans la mienne. Je baise ton épaule-dune.
Je te conte, les yeux mi-clos, l’histoire de l’enfant du vent et de la pluie, le petit bonhomme bleu de l’aube si longtemps attendue.
Tu ris.
Nous resterons ainsi, allongés nus et libres.
Très longtemps.
…
- Ça fait combien de temps ?
- Quoi ?
- Bastien Leroy… Ça fait combien de temps qu’il nous émerveille, celui-là ?
- Des années ! Des années ! Il a eu la vocation très jeune. Tout petit. Enfin, c’est ce que j’ai lu…
- Que de travail ! Que d’élégance ! C’est vieux comme le monde, ce qu’il fait, mais c’est tellement beau, tellement fluide !!!
- Un ange, je vous dis ! On dirait un ange !!
10
…
Au début de notre histoire, tu me murmurais ''Tu sais, j'ai peur pour toi, Bastien ! Mon cœur bat la chamade, et chaque soir, j'ai peur !''
je te disais, ''Folle, ma folle, ne crains rien ! Je suis sur le fil, mais j'assure. Je suis léger. Et c'est ma vie. Tout en haut. Très haut. Sans balancier. Les yeux bandés. Bien souvent. Le câble rude sous mes chaussons. Bras écartés. Et souriant. Ils ont braqué leurs caméras. Sur moi. Je passe au 13 heures. Ils ont en train de tourner un film sur moi.
Sur mes exploits. Mes défis.
De tour à tour.
J'ai franchi des canyons, des gorges escarpées. Fildeféré par tous les temps, sous tous les vents, franchissant gaiement des abîmes.
…
Tu me disais ''Àchacun de tes spectacles, je me cachais dans un cinéma de quartier, la gorge nouée, les yeux las. Et quand mon portable vibrait, je savais que tu étais parvenu sur la plateforme d'en face, que les gens avaient applaudi... Je rentrais alors, rassurée, pour me réfugier dans tes bras.''
…
J'avance. Je suis au mitan. Les yeux bandés. J'avance.
Le câble tangue et je chavire. Me rétablis. J'ai entendu leurs ôôôôôhhhh de détresse, de frayeur, tout en bas. J'ai fléchi sur mes jambes, bouche ouverte. Me suis redressé. Ai tremblé un peu.
La foule a frémi. J'ai soufflé. J'ai souri. Pensé aux caméras.
Ils ont crié des hourrahs tout en bas.
Je les ai entendus.
Ils ont hurlé, joyeux, soulagés, rassurés, heureux.
…
J'aurais voulu te dire...
Mais il est trop tard, je crois.
Délivrer tous les oiseaux en cage.
T'envoler.
Te reflirter au bistrot mauve.
11
Retrouver le nom du bal perdu...
Et l'enfant que nous avions esquissé...
Que je t'avais promis. Àmi-voix. Ou sans le dire. Je te le ferai, cet enfant.
Sûr.
…
Marco s'agite, à l'autre bout, à la fenêtre du quarantième étage. Je le sens.
Et le vent...
Ce foutu vent sournois qui se lève et me fauche...
Je vois la plateforme. Je la devine. Dans l'oreillette, Karim me dit :''Plus que 5 mètres, M'sieu Leroy ! C'est bon !! Tenez bon !!
…
Plus que 5 mètres.
Et je t'attends.
Tu n'appelleras pas ce soir.
Ni demain.
Ni jamais.